Le métier de gardien de déchetterie

Le métier de gardien de déchetterie

Josiane BIGOT, gardienne de la déchetterie de Pierres

 » LE SENS DU CONTACT EST PRIMORDIAL !  »

ENTRETIEN AVEC JOSIANE BIGOT,
GARDIENNE DE LA DECHETTERIE DE PIERRES (14)

 

■ Tu es la seule femme gardienne de déchetterie au SIRTOM, c’était une vocation ?

Non, dans mon emploi précédent, j’étais chauffeur dans la livraison de colis, mon entreprise ayant cessé son activité, j’ai déposé mon CV au SIRTOM de la Région Flers-Condé. Le responsable d’exploitation m’a rappelé. Au départ, j’ai fait des remplacements sur différentes déchetteries puis je suis arrivée à la déchetterie de Pierres où j’ai été titularisée au bout d’un an et demi. Cela fait maintenant quatre ans que je travaille ici.

■ Quelles sont tes missions au quotidien ?

C’est avant tout l’accueil et l’information des usagers, leur expliquer l’utilisation des différentes bennes présentes sur la plateforme. Je gére également la rotation des bennes, dès que l’une d’elles est pleine, je contacte le responsable d’exploitation afin qu’il envoie un chauffeur la remplacer. Je suis également en charge de la propreté de la déchetterie, je balaie la plateforme et ramasse les déchets qui seraient tombés à côté des bennes. J’accorde beaucoup d’importance à ce dernier point afin que l’accueil des usagers soit toujours optimal.

■ Quels sont les aspects les plus difficiles de ton poste ?

Sans hésiter, les usagers qui se montrent agressifs, récalcitrants au réglement de la déchetterie, mais ils sont une minorité. Parfois, il y a aussi des charges lourdes à porter lorsque je retrouve le matin des déchets déposés devant la grille de la déchetterie alors qu’elle était fermée. Enfin, nous avons un travail d’extérieur et il y a parfois des conditions météorologiques difficiles, même si personnellement, ce n’est pas ce qui me dérange le plus.

■ Quels sont tes satisfactions les plus importantes dans ce métier ?

J’apprécie être au grand air, plutôt qu’assise derrière un bureau et puis j’ai une certaine autonomie dans l’organisation de mon travail. Mais, pour moi, le plus intéressant, reste le contact avec les usagers, je les appelle « mes clients ».

■ Quelles sont les remarques, les questions les plus fréquentes de « tes clients » ?

On me parle souvent de la hauteur des bennes, mais voilà, toutes les remorques et véhicules ne peuvent pas être parfaitement adaptés à nos bennes, il faut parfois un peu d’huile de coude pour déposer ses déchets. Par ailleurs, j’ai souvent des questions à propos du contreplaqué, il va dans la benne des encombrants et non dans celle des gravats. Il y a également des interrogations au sujet des bouteilles et des bidons contenant des liquides dont la nature est incertaine. Dans le doute, on stocke tout cela dans le local DDS (Déchets Diffus Spécifiques : déchets issus de produits chimiques pouvant représenter un risque pour la santé et l’environnement et qui nécessitent un traitement spécifique, NDLR).

■ Tu es parvenue à établir une certaine complicité avec les usagers, je crois que certains « habitués » t’ont même attribué un surnom, peux-tu m’en dire plus ?

Effectivement, un jour, un monsieur a lancé « Elle est blonde, elle est en jaune, elle a le sourire, on dirait une jonquille ! ». Ce petit nom s’est propagé et est resté, je suis désormais la jonquille de Pierres !

■ Selon toi, quelles sont les qualités principales à posséder dans ton travail ? As-tu des conseils à transmettre aux personnes qui seraient intéressées par cette fonction ?

Le sens du contact est primordial. Etre diplomate est indispensable, même si ce n’est pas toujours évident lorsqu’on se retrouve face à un usager énervé. Il faut être accueillante, avoir un petit mot gentil. Ensuite, il faut être résistant physiquement et attentif à tout ce qui se passe sur la plateforme de déchargement pour que les consignes de tri soient respectées. Je pense que la pupart des gens peuvent exercer ce métier, les hommes comme les femmes, à condition d’accepter d’être seul sur son lieu de travail et ne pas être « allergique » aux chaussures de sécurité et au jaune fluo de la tenue de travail !

■ Je te remercie pour cet entretien qui nous éclaire sur ton travail au quotidien, avant de te quitter, as-tu une anecdote à me raconter sur tes quatre années de travail ici ?

En ce qui concerne la chose la plus improbable qui a été déposée dans ma déchetterie, il s’agit d’un mouton mort enfermé dans un sac poubelle que j’ai retrouvé au fond de la benne à végétaux en tout début de service ! Il reste des progrés à faire au niveau du respect des consignes de tri !

Entretien mené par Yohann GUILLAUME, SIRTOM de la Région Flers-Condé

 

Un souhait ?

Oui, que cessent les dépôts de déchets devant la grille de la déchetterie pendant la nuit ou lorsqu’elle est fermée !
Ce n’est le fait que de quelques personnes indélicates mais ceci constitue un véritable manque de respect envers le travail des gardiens de déchetterie !

Josiane BIGOT devant sa déchetterie