Historique de la gestion des déchets

Historique de la gestion des déchets

La préhistoire : le retour direct à la terre

Préhistoire

Bien entendu, à cette époque, tous les déchets sont organiques (restes de nourriture…). Les hommes les « traitent » directement en les rejettant dans la Nature.

Mais même en ces temps reculés, nous pouvons déjà entrevoir une sorte de recyclage. L’homme des cavernes chasse avant tout pour se nourrir mais les os, tendons ou peaux des animaux peuvent aussi servir à fabriquer des aiguilles, du fil et des vêtements.

Autrement dit, les résidus d’une action de consommation ne sont pas systématiquement abandonnés et perdus.

L’Antiquité : les déchets hors de la Cité

Les villes antiques (Athènes, Rome) installèrent les premières toilettes publiques et creusèrent des fosses à l’extérieur des murs des cités pour que les citoyens y déposent leurs déchets. Il s’agit d’un premier témoin d’organisation spatiale dans la gestion des déchets, en quelque sorte, des premières décharges publiques. Les déchets pouvaient également être enfouis, brûlés ou servir de nourriture aux animaux.

Le Moyen Age : les rues sont des dépotoirs

Le commerce se développe et les hommes se concentrent dans des villes grandissantes. Pourtant, l’hygiène publique ne se développe pas au même rythme. En effet, tous les déchets sont déversés dans les rues ou dans la rivière proche. Des lieux de dépôts existent en général mais l’hygiène n’est pas la préoccupation majeure des habitants qui ne respectent pas les règlements. En 1185, Philippe Auguste est le premier roi a souhaité paver les rues et réaliser des fossés centraux pour canaliser les déchets. Les villes resteront sales et malodorantes pendant des siècles, ce qui favorisera le développement d’épidémies comme la peste noire de 1347 à 1352.

A partir de la Renaissance : les progrès restent faibles

Les autorités mettent en place de plus en plus de règlements mais ceux-ci ne sont toujours pas respectés, la prise de conscience de la population reste très faible. A partir du 17è siècle, c’est l’aspect économique qui participera à la mise en place d’une sorte de recyclage urbain. Les agriculteurs viennent dans les villes et récupèrent les boues pour fertiliser leurs terres. Par ailleurs, au cours des siècles, une activité de récupération se développe et se professionnalise : c’est l’apparition des chiffonniers. Ces derniers parcourent les villes et collectent les vieux vêtements et tissus, les débris de verre, de métal, de cuir qu’ils revendent à des ateliers de transformation.

Le 19è siècle : un tournant majeur

La notion d’hygiène fait un bond en avant car les découvertes de Pasteur sur les micro-organismes font peu à peu prendre conscience à la population de l’importance de la propreté. En 1883, le Préfet Eugène POUBELLE prend un arrêté qui oblige les propriétaires d’immeubles parisiens à mettre à disposition de leurs locataires des récipients spéciaux munis d’un couvercle pour le dépôt des ordures ménagères. Ces conteneurs sont vidés par les services de la voirie. Paris servira de modèle aux autres villes… La poubelle, du nom de son « créateur », était née !

Les années 90 : la gestion des déchets et le respect de l’environnement

Au delà de la composante d’hygiène publique, la dimension environnementale des déchets se développe. En 1992, les premières collectes sélectives des matériaux recyclables sont lancées. Les déchetteries se multiplient. Celles-ci sont gérées par les collectivités qui organisent la récupération et la revalorisation des déchets. Au cours des années 2000, la prise de conscience vis-à-vis de notre production excessive de déchets se développe. Un français produit en moyenne 390 kg de déchets par an. Le slogan de l’ADEME « Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas » prône une réduction des déchets à la source, c’est-à-dire au niveau de chaque foyer. En 2010, la loi « Grenelle de l’environnement 2 » fixe de nouveaux objectifs afin d’améliorer le recyclage et la valorisation de nos déchets.